Oserez-vous la photo abstraite?

  • Vous tournez en rond et cherchez des sujets intéressants?
  • Adoptez la démarche abstraite
  • Explorez les textures et adaptez le traitement

Vous tournez en rond et cherchez des sujets intéressants?

Si vous voulez prendre des photos mais que vous tournez en rond, cet article est pour vous. Trouver un sujet intéressant n’est pas une chose aisée. Sans doute avez vous fait plusieurs fois le tour de votre quartier. Vous avez même peut-être déjà appliqué les conseils qu’on avait vu ici pour faire de belles images avec du mobilier urbain.

Rien y fait, après une centaine de photos de bancs publics et d’art de rues, vous avez fait le tour de la question. Rassurez-vous, ce genre de « syndrome de la copie blanche » est assez fréquent.

Il faut donc trouver une astuce pour débloquer la situation. En attendant de pouvoir partir à l’autre bout du monde pour enfin arrêter de photographier des poubelles, une solution peut être de ne pas changer de sujet, mais de changer le regard que vous portez sur ces sujets.

En clair, vous pouvez essayer de faire des photos abstraites.

Adoptez la démarche abstraite

La démarche peut sembler étrange, mais comme on va le voir elle est loin d’être incongrue.

Il faut d’abord définir la chose en disant ce qu’une photo abstraite n’est pas. Dans l’inconscient populaire, faire de l’abstrait, c’est faire n’importe quoi. Pour un peintre il suffirait de mettre n’importe quoi sur la toile, pour un musicien, il faudrait jouer sans gammes, etc.

Cette image, disons le peu reluisante, que les personnes ont de l’abstrait vient d’une confusion. Beaucoup de personnes confondent « abstrait » et « aléatoire ».

Faire une photo abstraite, ce n’est pas faire n’importe quoi, c’est simplement exploiter un sujet sans tenir compte de la fonction ou de la nature initiale du sujet.

L’idée consiste donc à détourner la nature première d’un sujet à des fins artistiques. Il n’importe pas que le spectateur reconnaisse le sujet, il importe qu’il soit sensibilisé à votre démarche.

Savez-vous ce que représente cette photo? A l’origine c’était une avancée sur l’Oise à Auvers-sur-Oise. Un plan plus large (avec des restants de planche en bois) aurait mis en évidence qu’il s’agissait d’une avancée sur la rivière.

Là on ne sait pas ce que c’est et peu importe, je me suis servi de la matière disponible pour produire un contraste de textures. D’un côté le flou de l’eau de l’autre côté l’aspérité de la surface rouillée.

Explorez les textures et adaptez le traitement

Comme vous pouvez voir avec cette image du bord de l’Oise, faire de l’abstrait n’est pas « faire n’importe quoi ». La mise au point est réalisée exactement où je le voulais, le cadrage est conforme à ce que je voulais.

J’ai simplement eu la démarche de me servir d’un objet pour produire un contraste de texture. Je n’ai pas eu la démarche de « faire une photo de ponton ».

A un certain niveau, tous les styles peuvent se trouver renforcés avec la démarche abstraite, c’est en général une question de textures. Par exemple Vincent Munier exploite la texture de la neige pour produire des photos animalières abstraites.

Pour travailler les textures, il faut déjà y être attentif. Un crépi est différent d’une surface plastique, qui est différente d’une barre métal rouillée. Vous pourrez donc, dans l’idée de ce que j’ai fait à Auvers-sur-Oise, vous servir de ces textures pour entrer dans une démarche abstraite.

En un mot : oubliez la nature de l’objet, concentrez-vous sur sa texture. Demandez-vous comment exploiter au mieux cette texture. Une clé est le traitement de l’image.

Bien entendu la prise de vue est capitale, soignez votre cadrage. Cependant le travail sera terminé au traitement, c’est là où vous pourrez basculer d’une image percutante à une image grotesque. On peut être tenté de monter au maximum le contraste local pour exploiter une texture avec des aspérités, mais c’est souvent une erreur.

Mieux vaut travailler votre contraste global et poussant assez loin votre point blanc et votre point noir. N’hésitez pas à « boucher les noirs » et « brûler les blancs ». Pour ça travailler en noir et blanc est un avantage, on en parle dans cet article et dans cette vidéo.

Après avoir travaillé votre contraste global avec vos blancs et vos noirs, augmentez un peu le contraste local mais sans pousser le curseur de votre logiciel à fond. L’idée est de bien faire sortir l’aspérité d’une surface, pas de défigurer votre travail!

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